Cette combattante de la première ère du combat féminin est la première femme à occuper un poste de prise de décision dans l’ex- Haut zaïre. Madame MAYANI LOKEMA Céline-Louise-Yolande est l’une des rares femmes qui ont combattues et bénéficié de fruits de la lutte féminine de son époque. Elle demeure jusqu’à ce jour un model et une fierté pour la femme.boyomainfos.com lui rend hommage.
| MAYANI LOKEMA Céline -Louise -Yolande |
Née en 1923, MAYANI LOKEMA Céline-Louise-Yolande est une femme qui a marqué l’histoire de la lutte féminine. Dans son actif cette véritable femme de fer a fait preuve non seulement de son courage mais également de son savoir-faire d’où ses compétences. A 96 ans d’âgée MAYANI MOLEKA se dit d’être fière pour avoir servi l’Etat congolais entant que femme. Avec son parcours élogieux et sans précédent cette grande dame s’est réellement distingué.
Elle est la fille ainée de monsieur MAYANI LOKEMA ELUWO Fréderic-Oscar et de madame MAMUNA NGANZI’KO CATHERINE. Originaire de l’ethnie MONGO, dans la province de l’équateur. De 1931 à 1936, madame Céline MAYANI a fait ses études primaires chez les sœurs Franciscaines Missionnaires de la congrégation de mairie, avant de poursuivre sa formation post-primaire au sein de la section ménagère.
Aussitôt ce parcours scolaire terminé, elle a entamé, de septembre 1957 à juin 1958, la troisième phase de son instruction à l’école secondaire Officielle Laïque de Bruxelles, appelée aujourd’hui KABONDO. Elle est détentrice d’un certificat de formation délivré à ce sujet à la fin de la formation. Affectée en qualité de monitrice, toujours chez les révérendes Sœurs Franciscaines, madame MAYANI a exercé, de 1940 à 1943, les fonction d’enseignante, à la grande satisfaction de sa hiérarchie.
Affectée en 1954 comme Monitrice au Foyer Social de Bruxelles(KABONDO), elle a été, par la suite appréciée et sélectionnée par sa hiérarchie et décorée en 1955 lors de l’arrivée et du passage à Stanley-Ville(Kisangani) de sa majesté Roi BODOUIN 1er du royaume de Belgique, de la médaille de mérite civique, à cause de son comportement exemplaire. A la cérémonie marquant le lancement officiel, en 1956, des « Emissions Africaines » de la Radio Congo-Belge, madame MAYANI a bénéficié du choix particulier opéré en sa faveur en l’élevant au rang de la Première Dame Congolaise devenue SPEAKERINE à la Radio-Congo émettant depuis Stanley-ville.
Année 1957 a été une année de sa consécration professionnelle.
En effet, invitée en Belgique, par son excellence Auguste BUISSERET, ministre des colonies, Madame Céline MAYANI, en compagnie de ses cinq collègues africaines, dont trois congolaises, une Ruandaise et une Burundaise, a effectué, au mois de juillet 1957, en qualité de l’une des femmes africaines émancipées, le déplacement de Bruxelles où elle a eu le privilège de visiter et de découvrir le Royaume de Belgique. Elle a été, avec ses paires africaines, solennellement reçue par la princesse Belge LILIANE au palais Royal de LAEKEN.
De retour de ce périple belge, Céline MAYANI a tété élevée, sur instruction du ministre des colonies, au statut spécial et affectée, avec tous les membres de sa famille, à la commune Stanley(MAKISO) où en tant que première autochtone congolaise à habiter dans cette entité administrative réservée exclusivement aux européens. C’est dans ce cadre précis qu’elle a été désignée, en 1958, conseillère au centre extra-Coutumier du quartier Bruxelles de cette commune.
A la création en 1958 de la grande structure féminine regroupant les trois colonies Belges (Congo, Ruanda, Burundi), Madame MAYANI a occupé le poste de trésorière Provinciale de cette structure (UFCRU) Union des Femmes du Congo-Beige et du Ruanda et du Burundi, antenne de Stanley-ville.
Par ailleurs, en 1964, lors de la mise sur pied de l’UGEFCO (Union Générale des Femmes Congolais à Stanley-ville, le choix, encore une fois, s’est porté sur madame Céline MAYANI pour prendre la vice-présidence de cette fonction politique féminine. Sur l’initiative personnelle de son Excellence Ignace-Michel ALAMAZANI, Gouverneur de Province d’alors, Madame MAYANI a créé l’APREFCO (Association pour la Promotion et l’Emancipation de la Femme Congolaise à Stanley-ville. C’était le 23 juillet 1966.
Le 29 mai 1967, date inoubliable dans les annales de l’ascension de madame Céline MAYANI.
En effet, elle a été élevée à cette date, c’est-à-dire le 29 mai 1967, dans le cadre de la méritocratie, au rang de première Trésorière Provinciale à Stanley-ville du premier comité provincial du MPR, parti Etat.
Le 21 janvier 1968, a été marqué plus particulièrement par l’avènement de madame MAYANI à la tête de la commune KABONDO, en qualité de première Femme Bourgmestre de ladite commune et présidente sectionnaire du MPR dans la même municipalité. Trois mois plus tard, soit le 23 avril 1968, elle a été permuté, et affectée, toujours comme première femme congolaise Bourgmestre, dans la commune Stanley actuellement MAKISO avant d’occuper, un mois plus tard, le fauteuil de membre effectif du conseil de ville de la même entité. Du mois de mai à celui de juin 1969, madame Céline a eu le privilège de faire partie de la suite présidentielle présidée par Maréchal MOBUTU SESE SEKO à travers quatre pays Est-africaines : à savoir : l’Ouganda, la Tanzanie, le Burundi et le Kenya.
En guise de gratification, elle a été honorée, du 21 au 23 mai 1970 à N’SELE(Kinshasa) du grade de membre de droit du premier congrès du MPR, Parti Etat. Suivi, le 12 janvier 1971, de sa nomination aux fonction de commissaire de zone et Bourgmestre de la commune Kisangani. Sur invitation du gouverneur allemand à travers son ambassadeur Extraordinaire et plénipotentiaire à Kinshasa, madame Céline MAYANI a effectué au sein d’une importante délégation congolaise invitée à cette occasion, un stage administratif de perfectionnement à Berlin, en Allemagne fédéral, ayant pour thème : « l’auto-administration communale. » Nommée le 02 avril 1973 première femme commissaire de zone du Territoire de BANALIA, dans le District de la TSHOPO, cette nomination a été suivie, quatre ans, plus tard, soit le02 février 1977, de son avènement à la tête de la CASOP (caisse de solidarité ouvrière et paysanne) de l’UNTZ (Union nationale des travailleurs du Zaïre. Affectée, un an et deux mois plus tard, soit le 10 avril 1983, comme conseillère provinciale à la condition Féminine et familiale, elle a par la suite, été porté responsable à la Garderie « NYUMBA YA UTOTO » de Kisangani.
Cette congolaise qui s’est distingué et qui demeure aujourd’hui un modèle pour ses pairs parait oubliée par tout le monde aujourd’hui. Et méconnue de beaucoup de boyomais. Au-moins la Rtnc Kisangani sous le Directeur Max-César LOKATE l’a honoré en donnant au plateau de la télévision le nom de cette femme.
Trésor BOTAMBA

