1er Mai, JOURNÉE INTERNATIONALE DU TRAVAIL: HOMMAGE AU MÉDECIN CONGOLAIS; billet de docteur Matheus Kanga.
A ce jour où l'humanité est entrain de célébrer la journée internationale du travail, mes pensées vont vers ceux qui comme moi ont accepté de consacrer leurs vies au service des autres et cela au péril de leurs propres vies.
Ce jour devrait vraiment nous interpeller tous sur ce qu'est devenu le médecin Congolais ; cet homme ou cette dame qui a choisi de prendre soin d'autrui comme lui-même.
En dehors de Dieu, personne d'autre ne s'occupe de l'homme comme le médecin et cela avant même la conception par un couple.
Le médecin jadis considéré comme notable de la société, jadis considéré comme un homme noble est aujourd'hui traité comme Monsieur tout le monde par ceux là même qui ne peuvent nullement s'en penser de ses services et cela quelque soit le rang social qu'ils occupent.
Le médecin prend soin du couple qui veut concevoir en vue de baliser le chemin pour cet homme ou cette femme qui devra être conçu et naître demain et occuper les hautes fonctions.
Une fois conçu, le médecin prend soin de lui, depuis le sein de sa mère jusqu'à son accouchement.
Il ne s'arrête pas là, il continue encore de prendre soin de lui durant son enfance, sa jeunesse et sa vieillesse.
De sa conception à son dernier souffle, seul le médecin l'accompagne dans tous les instants de sa vie.
Le médecin prend soin du riche comme du pauvre, de l'illettré comme du savant, du chômeur comme du travailleur, du civil comme du militaire, du vagabond comme de celui qui vit dans le château ; il prend soin de l'homme tout comme de la femme, du chauffeur, du pilote, du voyageur, du minier, du pêcheur, du chasseur, du prisonnier, du vendeur, de l'homme d'affaire, du banquier, du policier, du soldat, de l'enseignant, du journaliste, du biologiste, du chimiste, de l'ingénieur, de l'avocat, du magistrat, du pasteur,, du député, du sénateur, du ministre, du gouverneur, du président de la République et même du Roi, etc.
Qui peut s'en passer des services d'un médecin ?
*Pendant que les autres cherchent les imperfections de l'homme pour le punir en le jettant par exemple en prison ou en voulant mettre fin à sa vie, le médecin, lui cherche les imperfections de l'homme pour les soigner et se bat pour prolonger le séjour de l'homme sur terre.*
Chose étonnante, celui pour qui on a accepté de consacrer toute sa vie est celui-là même qui devient le bourreau du médecin en lui tournant le dos, en le maltraitant, en le clochardisant et en le réduisant à la mendicité.
Quelle méchanceté et ingratitude ?
En tournant le dos au médecin, se pose-t-on la question de savoir, qu'adviendra-t-il si jamais le médecin faisait la même chose?
Pense-t-on aux conséquences désastreuses que cela produirait ?
Le médecin n'est pas Dieu mais *le médecin est un dieu* ; il est celui qui peut d'une manière ou d'une autre en complicité avec Dieu écourter ou prolonger la vie d'une personne sur terre mais tous ceux qui le maltraitent, oublient même que si les médecins les traitent de la même manière, ils en sortiront toujours perdants et cela qui qu'ils soient.
Je me rappelle le jour de l'investiture du président Tshisekedi, quand il était entrain de s'asphyxier au vu et au su non seulement de la nation mais aussi de l'humanité toute entière.
J'ai vu comment tout le monde avait paniqué et était angoissé, le seul espoir était alors le médecin, non seulement pour dire ce qui se passait mais aussi pour sauver la vie du président et éviter le chaos à la nation toute entière.
Aucune reconnaissance donc, rien qu'en pensant à cela par exemple ?
Aucune reconnaissance rien qu'en pensant à la dure bataille que les médecins mènent contre les grands fléaux comme Ebola par exemple qui est entrain de décimer la population congolaise et où les médecins laissent leurs propres peaux ?
*Un médecin dans la rue* pour réclamer ses droits est la pire des choses qui ne pouvait jamais arriver mais hélas, nous avons vu cela arriver et nous avons même vu comment les médecins ont été gazés sans scrupule par les policiers.
Je me sens révolter et il faut que ça cesse, je voudrai voir le médecin à sa place de dignitaire, à sa place de noble et cela ne devrait faire l'objet d'aucune discussion.
Chers médecins , je ne vous souhaite pas une joyeuse fête car vous ne réunissez pas les conditions adéquates pour célébrer cette journée ; que ce 1er Mai soit plutôt une occasion pour vous et moi de méditer sur comment reprendre la place que nous avons perdu dans la société congolaise car, si dans les pays les plus développés du monde où les médecins travailent dans les meilleures conditions avec un plateau adéquat, ils sont encore respectés et traités dignement, qu'en Sera-t-il de vous et moi qui avions accepté de travailler dans les conditions les plus difficiles qui puissent exister sur terre ?
Nous nous sommes assez sacrifiés, il est temps que nous soyons rétablis dans nos droits.
Dignité du médecin, c'est maintenant ou jamais.
*Se/ Dr KANGA LONDIMO Mateus*
Médecin du Gouvernement Congolais, Traitant sans prime de risque ni salaire à l'Hôpital Général de Référence de Kisangani.
Tshopo : Journée internationale du travail, le cri d'alarme d'un jeune médecin sans prime de risque.
mai 01, 2019
0
Tags
Partager dans d'autres applications



