Lors d’une interview accordée à la Radio Okapi lundi 03/02/2020, le Président de l’Assemblée Provinciale de l’Ituri, Siméon BANGA TSHOMBE, lie l’incapacité de la Province à se développer au défaut de décentralisation des Régies Financières du Pouvoir Central dans les Provinces nouvellement créées.
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| Cette de l'ITURI /Photo Droit du tiers |
48 heures après cette sortie médiatique ratée avec des propos cahin-caha du Président de l’Assemblée Provinciale de l’Ituri, certains analystes et chroniqueurs politiques qui suivent de près la situation du pays ont largement critiqué ce raté suite à son inconsistance et son manque de maîtrise béant du fonctionnement de l’Etat, chose qui jette gratuitement le discrédit sur la première institution politique de l'Ituri.
Un professeur d'université a insisté qu'il faut noter de prime abord que les Régies financières déconcentrées du Pouvoir central et non décentralisées comme l’a prétendu le Président de l’Assemblée Provinciale, ne relèvent pas du contrôle des Assemblées provinciales.
Sur les recettes mobilisées par ces Régies financières, la Province ne dispose que de 40% qui sont rétrocédés par le Pouvoir Central en attendant la mise en œuvre du mécanisme constitutionnel de retenue à la source, insiste-t-il.
En effet, les Régies financières nationales transmettent toujours à la Province leurs différentes réalisations afin de permettre à celle-ci de dégager les 40% lui dus constitutionnellement.
A titre exemplatif, pour l’année 2019 écoulée, la DGDA a réalisé 2.733.333.565 Francs Congolais, de quoi donner une idée à la Province par rapport au calcul des 40%, précise une source proche de la DGDA.
Le freinage du développement de la Province de l'Ituri réside entre autres dans les fraudes fiscales, les exonérations indues et la mésintelligence dans l’application des exonérations, apprend-on dans le couloir de l'Assemblée Provinciale de l'Ituri.
Tant que ces viles pratiques ne seront pas combattues, les Régies financières du pouvoir central pourront décider d’installer leurs directions dans les provinces nouvellement créées, mais cela n’y changera rien !
Dans ces conditions, l’absurdité, c’est de vouloir lier le freinage du développement de la Province au défaut d’installation des directions des Régies Financières du Pouvoir Central dans les Provinces.
Il y a bien un net départ entre la décentralisation et la déconcentration, ajoute un autre professeur des sciences sociales, politiques et administratives de l'université de Kisangani.
La première vise le transfert de compétences de l’Etat, le Pouvoir Central à des entités distinctes de lui, les collectivités territoriales comme la province dans le cadre de la République Démocratique du Congo, a-t-il poursuivi.
La seconde par ailleurs, consiste en une délégation de compétences, mais à des agents ou à des organismes locaux appartenant à l’administration de l’Etat, du Pouvoir Central, a-t-il conclu.
Il appert donc clairement que le Pouvoir Central ne pourrait jamais décentraliser au bénéfice de la Province, ses Régies Financières pour peu que mise à part le plaisir d’un Président de l’Assemblée Provinciale, friand des mots, cela ne procède d’aucune loi moins encore la Constitution !
Le Président de l’Assemblée Provinciale de l’Ituri a donc manqué une belle occasion de s’assagir en gardant sa langue dans sa poche pour ne pas se jeter en pâture comme il a fait !
Cette indélicatesse impropre à la fonction du Président de l’Assemblée Provinciale, s’ajoute à la longue liste de ses dérapages enregistrés depuis sa prise de fonction, de quoi se demander sur sa capacité de diriger cette première institution provinciale, regrette un administratif rodé de cette institution politique.
Le ridicule ne tue pas certes, mais désacralise cette prestigieuse fonction qu’est le Président de l’Assemblée Provinciale.
La Rédaction


