« Le territoire d’Irumu vit une situation d’ingouvernabilité totale. Malgré la présence de l’armée (FARDC), de la police, de la MONUSCO et de la force ougandaise (UPDF), les massacres continuent. C’est inadmissible », a dénoncé M. Uzele Emmanuel, rappelant que l’état de siège, instauré depuis mai 2021, devait rétablir la paix et sécuriser les civils. Selon des sources locales, outre les morts, plusieurs blessés ont été admis dans des structures sanitaires et des enfants sont portés disparus. Des maisons ont été incendiées, des boutiques pillées, des véhicules détruits, laissant des populations livrées à elles-mêmes.
Le président fédéral de l’UDPS a également appelé les responsables politiques à « se dissocier des discours haineux et incendiaires sur les réseaux sociaux », à soutenir les efforts diplomatiques du Chef de l’État pour pacifier l’Est et à privilégier « une parole politique apaisante et responsable ». Il a critiqué le dialogue d’ARU 2, qu’il juge avoir été un simple « exercice de style sans impact » et une cause d’instabilité.
Concernant la MONUSCO, il l’a invitée à passer de l’observation à l’action. Il a proposé « l’instauration d’un couloir humanitaire permanent pour les déplacés, le renforcement des dispositifs de sécurité dans les camps souvent ciblés et une présence dissuasive visible et opérationnelle sur le terrain ».
Ucircan Uzele Emmanuel a par ailleurs mis en garde contre « des mains noires derrière la déstabilisation de l’Ituri », accusant certains acteurs de manipulations politiques et économiques pour tirer profit de la guerre. « Nous avons identifié des mains noires derrière la déstabilisation de l’Ituri. Ce sont ces mêmes individus qui instrumentalisent les groupes armés à des fins personnelles », a-t-il déploré.
L’UDPS Irumu a enfin lancé un appel aux ONG humanitaires pour faciliter l’accès à l’aide, aux citoyens pour soutenir les familles endeuillées et à la population pour qu’elle collabore avec les autorités. M. Uzele Emmanuel a conclu son message par une note d’espoir : « Dieu ne s’éloigne jamais de ses enfants, même dans les moments les plus sombres. Son Esprit demeure en eux. »
« Le territoire d’Irumu n’est pas une zone de non-droit. Il est temps que l’État joue son rôle. Nous ne voulons plus de promesses. Nous voulons des résultats », a-t-il martelé, estimant que le peuple ne pouvait plus attendre.
Vicko MESCHACK

