Dans une province où les défis sanitaires s’additionnent aux urgences sociales, le Gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga a donné ce jeudi 28 août 2025 le coup d’envoi officiel de la campagne de vaccination contre la poliomyélite. Mais derrière les mots d’encouragement et les chiffres affichés, se dessine une réalité implacable : la poliomyélite reste une menace vive, prête à anéantir des décennies d’efforts si la mobilisation faiblit.
Une maladie qui rôde encore
La poliomyélite, surnommée le « mal silencieux des enfants », continue de frapper. Sa dangerosité réside dans sa vitesse de propagation : un enfant infecté peut en contaminer jusqu’à 200 autres. Les campagnes précédentes ont certes permis d’améliorer la couverture vaccinale, mais l’ombre de la maladie plane toujours sur les villages reculés de la Tshopo, là où l’accès aux soins reste une gageure.
« L’urgence est réelle », a martelé le gouverneur dans son discours. Et pour cause : la moindre faille, la plus petite négligence, pourrait rouvrir une brèche dans l’édifice fragile de la santé publique provinciale.Trois jours pour protéger l’avenir
Du 28 au 30 août 2025, les équipes de vaccination sillonneront la province dans une stratégie porte-à-porte, administrant quatre gouttes de vaccin antipoliomyélitique à chaque enfant âgé de 0 à 59 mois. Les centres de santé resteront également ouverts pour accueillir les enfants n’ayant pas reçu leurs doses complètes.
« Aucun enfant ne doit être laissé pour compte », a insisté le Gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga, rappelant que la santé des plus jeunes est à la fois un droit et une responsabilité collective.
Une mobilisation générale.
Mais au-delà des chiffres, le message central est celui de la coresponsabilité. Les parents, appelés à ouvrir leurs portes et à dépasser les résistances parfois nourries par la rumeur. Les prestataires de santé, sommés d’aller jusqu’aux hameaux les plus isolés. Et les autorités locales, invitées à faire respecter l’article 196 de la loi qui sanctionne les responsables refusant les soins préventifs à leurs enfants.
Le poids de la loi, la force de la conviction
Le rappel de la loi n’est pas anodin. Dans certaines zones, la résistance aux campagnes de vaccination s’est déjà faite sentir, alimentée par la désinformation et la méfiance.
« Il faut que chacun comprenne que refuser le vaccin à son enfant, c’est compromettre l’avenir de toute une communauté », a insisté Paulin Lendongolia. Un propos qui illustre la tension entre la nécessité sanitaire et le respect des choix individuels.
Perspectives
Le gouverneur a exprimé sa gratitude envers le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi pour son engagement, ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers qui soutiennent sans relâche ces opérations à haut risque.
Mais derrière les remerciements, un avertissement : la campagne ne doit pas être un feu de paille. Elle doit marquer le point de départ d’une vigilance constante et d’une discipline communautaire durable.
Ce lancement officiel dépasse le simple cadre médical. Il s’agit d’un test grandeur nature de la capacité collective de la Tshopo à répondre à une urgence sanitaire. La réussite de cette campagne pourrait sceller l’espoir d’un avenir libéré du spectre de la poliomyélite. Son échec, au contraire, exposerait la province à une résurgence aux conséquences irréversibles.Dans les prochains jours, les regards resteront braqués sur le terrain, là où les vaccinateurs, bénévoles et familles devront traduire les discours en actes. Car au fond, ce combat n’est pas seulement celui d’un gouverneur, mais celui d’un peuple déterminé à protéger son avenir.Zickry LUBENGA | Lisez congo1.cd chaque jour.

