Tshopo : l’IITA forme boulangers et transformateurs à l’usage de la farine panifiable de manioc

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Face à la hausse continue du prix de la farine de blé, l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) a conduit à Kisangani une série de formations visant à promouvoir l’intégration de la farine panifiable de manioc dans les produits de boulangerie et de pâtisserie, dans le cadre du projet CVDC.

Selon les formateurs de l’IITA, cette initiative a permis de démontrer concrètement comment remplacer une partie de la farine de blé par une farine locale issue du manioc, sans compromettre la qualité des produits finis. Les séances pratiques ont porté sur la fabrication de pains, galettes, gâteaux, beignets, croquettes, chapatis et autres dérivés.

« Nous sommes venus à Kisangani pour montrer comment intégrer la farine panifiable de manioc dans différents produits de boulangerie et pâtisserie. Avec l’augmentation du prix de la farine de blé, cette alternative locale permet de réduire les coûts tout en maintenant la qualité », a expliqué l’un des formateurs.

Chaque zone concernée par la formation a accueilli plus de trente boulangers et mamas mikate, qui ont appris les proportions adaptées selon les produits. Pour le pain, la formule recommandée est de 90 % de farine de blé et 10 % de farine de manioc. Pour les galettes, gâteaux, beignets et chapatis, les proportions varient entre 70 % blé et 30 % manioc, voire 50 % pour chaque type de farine, tandis que les croquettes peuvent être produites avec 100 % de farine de manioc.

Les participants ont salué les résultats obtenus à l’issue des exercices pratiques. Une vendeuse de beignets a estimé que cette formation constitue une réelle opportunité économique. « Cette formation m’apporte une vraie valeur ajoutée. Elle va me permettre de faire plus de bénéfices », a-t-elle témoigné.

Même satisfaction du côté des jeunes boulangers. Patrick Bayombe, boulanger dans la commune de Lubunga, s’est dit convaincu par la qualité des produits obtenus après les essais pratiques. « Le résultat est excellent. Je vais appliquer la formule de 10 % de manioc pour augmenter mes profits sans affecter la qualité du pain », a-t-il affirmé.

Dans le cadre du même projet CVDC, l’IITA accompagne également les tenanciers des unités de transformation du manioc afin d’améliorer la qualité des produits dérivés, notamment la farine panifiable et le fufu. Pour renforcer les compétences techniques, un expert venu du Nigeria a été mobilisé pour assurer une formation pratique à l’intention des jeunes transformateurs.

Prosper Matate, bénéficiaire de cette formation, explique en avoir tiré un apport significatif. « Je suis agent à la CLD, une communauté locale de développement appuyée par l’ONG Océan, située à 17 kilomètres de Kisangani sur la route de Banalia. J’ai suivi cette formation pratique sur les machines de transformation du manioc en farine panifiable et en fufu. Elle m’a beaucoup apporté », a-t-il confié.

Par ailleurs, l’IITA a associé à cette initiative l’IPENAG (Initiative pour l’Entrepreneuriat Agricole et Métiers) ainsi que ses stagiaires, dans le but de diffuser cette expertise auprès des futurs entrepreneurs agricoles et de renforcer durablement la chaîne de valeur du manioc.

À travers ces formations, l’IITA entend contribuer à la valorisation des produits locaux, à la réduction des coûts de production et au renforcement des revenus des acteurs de la filière manioc dans la province de la Tshopo.

Judith Basubi
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