La Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH) antenne de Mambasa tire la sonnette d’alarme face à l’expansion préoccupante des Forces Démocratiques Alliées (ADF) dans les forêts des chefferies de WaleSe Karo et WaleSe, en province de l’Ituri. Dans un communiqué de presse rendu public ce 29 janvier 2026, l’organisation dénonce une présence prolongée et non inquiétée de ces groupes armés dans la zone.
Selon les informations issues du monitoring de la CRDH, les ADF circuleraient librement dans ces forêts depuis mars 2025, soit près de dix mois, sans réaction visible des services chargés d’assurer la sécurité des populations civiles. Cette présence a déjà eu des conséquences dramatiques, notamment la mort de trois personnes — un homme et deux jeunes — tuées par l’explosion de mines artisanales en novembre 2025.
La situation s’est davantage aggravée le 25 janvier 2026, lorsqu’un groupe important d’ADF a été signalé traversant la route nationale numéro 44, sur l’axe Mambasa–Isiro, précisément au village Andikechu (PK 58). Ces combattants se seraient déplacés de l’est vers l’ouest, en direction de la Réserve forestière d’Okapi (RFO). Quatre jours plus tard, le 29 janvier aux environs de 8 heures, un homme a échappé de justesse à la mort après avoir refusé d’assumer des fonctions de chef de colline dans une zone sous influence des ADF.
Cette insécurité persistante plonge plusieurs localités riveraines de la RN 44 dans une psychose généralisée. Des villages tels que Andibuta, Efundu, Bamenye, Andifele, Andilabu, Bandeli, Bukulani, Bandikalucha, Bandikamba, Mandombe, Baombi, Bandisoli, Bamaru, Aluta, Kokora et Bandilifa se vident progressivement de leurs habitants, qui fuient vers Mambasa centre et Nduye. Les activités agricoles sont à l’arrêt, les paysans n’ayant plus accès à leurs champs.
La CRDH Mambasa s’interroge ouvertement sur l’inaction des forces de sécurité face à cette situation, évoquant même la crainte d’une possible complicité des autorités censées protéger la population.
Face à cette menace grandissante, l’organisation appelle la population à une vigilance accrue et exhorte les autorités compétentes à prendre cette alerte au sérieux, afin d’éviter une catastrophe humanitaire imminente dans cette partie du territoire de Mambasa.
Vicko Meschack

