Ce mardi 17 février 2026, une marche pacifique a eu lieu à Kisangani, organisée par les victimes des guerres des 1, 2 et 6 jours, pour revendiquer leurs droits et dénoncer les irrégularités dans le processus d’indemnisation.
Le porte-parole des victimes, Guillaume Bandibanga, a lu un mémorandum adressé au président de la République Démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, dans lequel ils exigent des actions immédiates pour résoudre plusieurs problèmes.
Les victimes réclament avant tout la poursuite immédiate du processus de paiement des indemnités, mais aussi la démission de Monsieur Mwarabu, dont la coordination est accusée d’ingérence, de lenteur et de malversations financières.
Elles dénoncent en particulier l’utilisation des fonds destinés aux victimes pour des activités commerciales, notamment l’injection des fonds Frivao dans des investissements douteux dans le but de générer des recettes d’une cinquantaine de millions de dollars, sans l’approbation du conseil d’administration, et ce, malgré des frais de fonctionnement de 822 707 dollars, avec des frais d’installation de 172 800 dollars, alloués pour l’indemnisation des victimes.
Le mémorandum met également en lumière l’accusation de malversations financières graves, notamment l’utilisation abusive des listes des victimes. Seules 108 victimes auraient été indemnisées, alors que des sommes de 9 000 à 11 000 dollars auraient été régulièrement sorties des fonds alloués à l’indemnisation et aux frais d’installation, sans aucune transparence dans la gestion comptable.
En outre, la commission ad hoc, qui a auditionné 603 victimes, n’a pas pu fournir de preuves tangibles de leur statut de victime, à part des fiches d’identification non vérifiées.
Les victimes ont exprimé leur indignation à la suite du rapport du ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, présenté au conseil des ministres le 23 janvier 2026. Elles ont rejeté en bloc les contrevérités distillées dans ce rapport et se sont fermement opposées à la délocalisation du siège de Frivao.
Après la lecture du mémorandum, le porte-parole a déposé officiellement le document auprès du gouverneur de province, Paulin Lendongolia Lebabonga.
En réponse, le gouverneur a rassuré les victimes, assurant qu’il transmettra leur message dans les plus brefs délais au président de la République, qu’il considère comme un garant des droits sociaux de son peuple, appelant à la retenue et au calme.
Les victimes restent mobilisées, exigeant justice et des actions concrètes pour mettre fin aux injustices et obtenir les compensations qui leur sont dues.

