Le Professeur Faustin Lokinda, ingénieur agronome à l’Institut Facultaire de Yangambi (IFA-Yangambi), a été reçu par la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo Ayane Mukuna, afin de lui présenter un ambitieux projet axé sur la recherche scientifique en République démocratique du Congo.
Au cœur de cette démarche figure la création d’un nouveau centre de recherche scientifique dédié aux grandes thématiques environnementales et climatiques du pays.
Valoriser le potentiel scientifique congolais
Selon le Professeur Lokinda, la RDC regorge d’immenses richesses naturelles et scientifiques encore insuffisamment exploitées par les chercheurs nationaux. Il cite notamment : la biodiversité exceptionnelle du pays, les forêts tropicales résilientes face au changement climatique, les tourbières, parmi les plus vastes au monde,
ainsi que d’autres écosystèmes stratégiques.
Il regrette que de nombreuses études sur ces ressources soient principalement menées par des chercheurs étrangers, dont les résultats profitent davantage à leurs pays d’origine qu’à la RDC.
« D’autres pays viennent mener des études ici chez nous et repartent avec les résultats. La RDC ne gagne presque rien », déplore-t-il.
Renforcer la capacité scientifique nationale
Pour le Professeur Lokinda, la mise en place de ce centre permettrait de renforcer les capacités des chercheurs congolais et de leur donner les moyens d’analyser, documenter et valoriser scientifiquement les richesses naturelles du pays.
Il souligne également l’enjeu stratégique sur la scène internationale. Lors des grandes rencontres mondiales, notamment la Conférence des Parties (COP) sur le climat, ce sont souvent des experts étrangers qui présentent et interprètent les données relatives à la RDC.
« Le niveau scientifique et de recherche de la RDC apparaît plus faible face aux experts d’autres pays. Pourtant, nous avons les ressources et les compétences qu’il faut développer », explique-t-il.
Un enjeu stratégique pour l’avenir
La création de ce centre de recherche viserait donc à : produire des données scientifiques nationales fiables,
défendre les intérêts de la RDC dans les négociations internationales,
valoriser les ressources naturelles de manière durable,
et permettre au pays de tirer pleinement profit de son patrimoine environnemental.
À travers cette initiative, le Professeur Faustin Lokinda plaide pour une souveraineté scientifique renforcée, condition essentielle pour que la RDC puisse transformer son potentiel environnemental en véritable levier de développement.
La Rédaction

