La session parlementaire de septembre, essentiellement consacrée aux questions budgétaires, s’est clôturée au Conseil communal de Lubunga sur une note à la fois préoccupante et engagée. Au-delà des chiffres, les conseillers communaux ont mis en lumière plusieurs problèmes majeurs qui affectent quotidiennement la population de cette commune riveraine de Kisangani.
À l’issue des travaux, le président du Conseil communal a exhorté les élus à demeurer en contact permanent avec leurs bases respectives durant les vacances parlementaires, en vue de mieux porter les attentes populaires lors de la reprise de la session en mars prochain.
« Je recommande aux conseillers d’être en contact avec la base, de recueillir les difficultés, les recommandations et les problèmes de la population. Une fois retournés à la session de mars, ils devront présenter cela pour défendre leur population », a-t-il souligné.
Barrières multiples : un fardeau quotidien pour les habitants
Parmi les préoccupations les plus récurrentes figure la multiplication des barrières illégales, notamment sur les axes PK8 et route Opala. Une situation jugée étouffante pour les habitants, y compris les petits agriculteurs.
« Quelqu’un qui revient de son petit champ se voit exiger 1 000 francs. Lorsqu’il y a plus de dix services sur une même barrière, comment peut-il s’en sortir ? », s’est interrogé le président du Conseil communal, dénonçant une entrave à la libre circulation et une pression financière excessive sur une population déjà vulnérable.
Assainissement : une urgence visible
L’assainissement demeure un autre défi majeur. Le président du Conseil communal a reconnu l’état avancé d’insalubrité dans plusieurs quartiers de Lubunga, tout en promettant un engagement collectif pour inverser la tendance.
« Notre commune est vraiment sale. Mais ensemble avec le collège exécutif, nous allons nous mettre au travail pour que l’assainissement soit visible », a-t-il assuré.
Déplacés de Sainte-Marthe : détresse humanitaire persistante
La situation des déplacés du site de Sainte-Marthe a également retenu l’attention des élus. Confrontés à un manque criant d’eau potable, de nourriture et de soins de santé, ces déplacés vivent dans des conditions précaires. Tout en saluant l’appui du FONAREV, le président du Conseil communal a appelé à un renforcement de l’assistance et à la facilitation de leur retour dans leurs milieux d’origine.
« Ils souffrent. Ce sont nos populations, nous devons les protéger. La vie humaine coûte cher », a-t-il martelé.
Infrastructures : Lubunga à la traîne
Sur le plan infrastructurel, Lubunga semble marginalisée. Routes dégradées, absence de caniveaux et problèmes de drainage alimentent le mécontentement des habitants.
« Lubunga est à la dernière position. Il n’y a pas de caniveaux. On voit des travaux ailleurs, mais ici, absolument rien », a regretté le président du Conseil communal.
Appel au calme et espoir avant mars
En conclusion, le président du Conseil communal a invité la population au calme, tout en rassurant que les autorités provinciales et nationales sont informées des difficultés que traverse la commune. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour redonner à Lubunga espoir et dignité.
« Nous interpellons la conscience des autorités afin qu’elles pensent à Lubunga, pour qu’elle puisse respirer, être soulagée, notamment par la construction des routes et des caniveaux », a-t-il conclu.
La rentrée parlementaire de mars s’annonce ainsi déterminante, avec l’espoir que les préoccupations exprimées trouvent enfin des réponses concrètes.
Trésor Makaya TA

