À Kisangani, le ton est monté du côté des producteurs de cacao. Réunis autour de leur coordination provinciale, ils ont exprimé leur ferme opposition à la démarche engagée par le Fonds forestier national (FFN), qu’ils estiment en décalage avec la législation agricole et les orientations économiques nationales.
Pour ces acteurs du secteur rural, leurs plantations relèvent sans ambiguïté du domaine agricole. Implantées dans des zones reconnues pour le développement rural, elles ne sauraient être assimilées à des espaces d’exploitation forestière. Ils rappellent que le cadre juridique qui régit leurs activités est celui du code agricole, et non celui de la réglementation forestière.
Au-delà de l’argument légal, les producteurs invoquent également la vision stratégique nationale axée sur la valorisation du sol, en particulier l’agriculture, comme moteur de diversification économique en République démocratique du Congo. Selon eux, assimiler les plantations de cacao à une activité forestière reviendrait à fragiliser un secteur qui contribue à la sécurité alimentaire, à l’emploi rural et à la relance économique locale.
Les cacaoculteurs mettent aussi en avant leurs pratiques d’agroforesterie. Dans plusieurs territoires de la Tshopo, expliquent-ils, la culture du cacao s’accompagne de la replantation d’arbres et de la restauration d’espaces dégradés.
Cette approche, qu’ils qualifient de reforestation productive, devrait être soutenue par des mécanismes d’appui plutôt que soumise à des prélèvements qu’ils jugent inappropriés.
Sur le plan institutionnel, ils s’interrogent sur la cohérence d’une initiative réglementaire prise sans l’implication du secteur agricole. À leurs yeux, toute mesure affectant directement les producteurs devrait intégrer le ministère compétent afin d’éviter des chevauchements de compétences et des tensions inutiles.
En toile de fond, c’est la place de l’agriculture dans le modèle économique provincial qui est en jeu. Les producteurs de cacao appellent à un dialogue constructif entre les différentes parties prenantes afin de préserver l’équilibre entre protection de l’environnement et promotion d’une agriculture durable, pilier essentiel du développement de la Tshopo.
La Rédaction

