Kisangani, 07 mars 2026. – La multiplicité de plus de vingt-deux taxes à l’exportation du cacao et les tracasseries attribuées au Fonds forestier national (FFN) constituent les principales difficultés qui freinent le développement de la filière cacaoyère dans la province de la Tshopo, au nord-est de la République démocratique du Congo, ont dénoncé des producteurs lors d’un point de presse organisé à Kisangani.
Selon les cacaoculteurs, la pression fiscale actuelle pèse lourdement sur les opérateurs du secteur et sur les revenus des producteurs ruraux.
« À l’exportation, le cacao paie aujourd’hui plus de vingt-deux taxes différentes, ce qui constitue déjà une forte surtaxation. Mais en plus de cela, nous subissons des tracasseries du Fonds forestier national qui tente d’imposer des taxes de déboisement aux producteurs, alors que nos plantations se trouvent dans des zones agricoles », a déclaré Dominique Kasimba, coordonnateur des Cultivateurs de cacao de la Tshopo.
Les producteurs ont expliqué que ces charges fiscales ont des répercussions directes sur la chaîne de valeur du cacao. Selon eux, les multiples taxes et contraintes administratives obligent les opérateurs économiques à répercuter ces coûts dans leurs calculs, ce qui réduit le prix d’achat du cacao payé aux producteurs.
« Lorsqu’un opérateur économique doit faire face à une multitude de taxes et de tracasseries administratives, il est obligé d’intégrer ces dépenses dans ses calculs. Cela se répercute sur le prix d’achat du cacao, qui devient plus faible pour les producteurs », a-t-il ajouté.
Les cacaoculteurs ont également dénoncé les pratiques du Fonds forestier national qu’ils accusent d’imposer des taxes de déboisement à des cultivateurs opérant dans des zones agricoles.
Selon eux, les plantations de cacao sont situées dans des zones de développement rural (ZDR), autrefois exploitées par des sociétés forestières qui s’étaient déjà acquittées des taxes liées au déboisement.
« Nous sommes étonnés d’être aujourd’hui poursuivis pour des taxes de déboisement alors que ces zones ont été exploitées par des entreprises forestières qui ont déjà payé ces taxes. Nous, au contraire, nous sommes en train de restaurer la couverture forestière à travers les plantations de cacao », a expliqué le coordonnateur.
Face à cette situation, les producteurs appellent les autorités nationales et provinciales à assainir l’environnement fiscal et administratif afin de soutenir la filière cacao, considérée comme un levier important pour le développement agricole et économique de la Tshopo.
Ils plaident notamment pour la mise en place d’un guichet unique pour les taxes à l’exportation et pour la suppression des tracasseries administratives qui, selon eux, risquent de freiner l’élan de croissance de cette filière agricole stratégique.
La Rédaction

