À Kisangani, apprendre devient un combat quotidien pour des milliers d’élèves contraints d’étudier sans bancs, parfois à même le sol. Une réalité choquante au XXIe siècle qui pousse désormais le député national Fontaine Mangala à interpeller directement le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi.
Face à l’urgence grandissante dans le secteur éducatif, l’élu de Kisangani a pris l’initiative de saisir le Président de la République afin d’obtenir en priorité des bancs scolaires pour les établissements de la ville.
Selon lui, le recours au Service National, rattaché à la Présidence et reconnu pour la production de bancs de qualité, constitue une solution immédiate et adaptée.
La situation est alarmante : la ville de Kisangani accuse un déficit estimé à 10.000 bancs, a écrit sur sa page facebook. Derrière ce chiffre, ce sont des milliers d’enfants privés de conditions minimales d’apprentissage, dans un environnement qui compromet leur concentration, leur dignité et leurs performances scolaires.
Dans la commune de Mangobo, l’une des écoles emblématiques de cette crise illustre parfaitement l’ampleur du problème selon une photo partagée où l'on voit des éléments assis à même le sol.
Construite en bois, dépourvue d’un éclairage adéquat et d’infrastructures modernes, elle accueille des élèves sans équipements de base. Malgré ces conditions précaires, l’urgence reste l’accès aux bancs, condition essentielle pour apprendre dans un minimum de dignité.
Face à cette réalité, CODEK (Coordination pour le Développement de Kisangani, une asbl militant pour la relance du processus de développement économique et sociale de la ville de Kisangani) annonce son engagement à fournir des bancs à cette école, en attendant des actions structurelles plus larges, notamment la construction d’infrastructures scolaires modernes par le Gouvernement central.
Au-delà de cette initiative, cet appel vise également à éveiller la conscience des autorités provinciales et locales sur la nécessité de replacer les besoins fondamentaux de la population, notamment ceux liés à l’éducation, au cœur de leurs priorités.
Car au fond, une question persiste, lourde de sens : quel avenir une nation peut-elle espérer bâtir si ses enfants apprennent dans la précarité la plus totale ? L’heure n’est plus aux constats, mais à l’action.
La Rédaction

