Kisangani, 10 mai 2026.— Un climat de vive tension secoue l’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Kisangani. Dans un mémorandum adressé à la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, le personnel académique, scientifique, administratif et ouvrier de l’établissement accuse le comité de gestion de graves dérives administratives, financières et académiques, dénonçant une gouvernance qualifiée de « chaotique » et « autoritaire ».
Dans ce document transmis également à plusieurs autorités nationales et provinciales, notamment au Président de la République, à la Primature et aux services de sécurité, les signataires dressent un tableau sombre du fonctionnement actuel de l’institution.
Au cœur des accusations figurent des mesures disciplinaires jugées arbitraires, des pressions exercées sur certains agents ainsi qu’un climat professionnel devenu, selon eux, « invivable ». Les agents dénoncent également une gestion centralisée excluant toute approche participative dans la prise des décisions administratives.
Le mémorandum évoque aussi des pratiques considérées comme abusives, notamment l’exigence faite à plusieurs agents de déposer leurs diplômes et titres académiques originaux pour des opérations de contrôle internes. Une démarche que les plaignants considèrent comme illégale et attentatoire aux droits du personnel.
Sur le plan financier, les accusations deviennent encore plus lourdes. Les auteurs du document affirment que plusieurs mois de primes restent impayés malgré l’existence présumée de fonds disponibles au moment de la remise et reprise de l’équipe dirigeante.
Ils dénoncent également des soupçons de détournements portant sur des dizaines de milliers de dollars américains et plusieurs millions de francs congolais liés notamment à la gestion des travaux académiques et du budget de l’institution.
Le personnel accuse par ailleurs le comité de gestion de favoriser certains enseignants dans l’attribution des cours, au détriment des agents internes qualifiés. Des cas de duplication de cours et un recours excessif à des enseignants extérieurs seraient également observés, compromettant, selon eux, la qualité de l’enseignement à l’ISTM/Kisangani.
La vente des syllabus aux étudiants, pourtant interdite par les instructions du ministère de l’ESU, figure également parmi les griefs soulevés. Les dénonciateurs parlent de pratiques assimilées à une « contrainte financière » imposée aux étudiants à travers des paiements exigés pour certains travaux pratiques.
Autre point ayant suscité l’indignation du personnel : les nombreux déplacements du Directeur général. Le mémorandum fait état de plus de quinze voyages effectués en moins d’une année, sans impacts visibles sur le fonctionnement de l’établissement.
Face à cette accumulation de griefs, les signataires réclament une mission urgente d’audit et d’inspection indépendante, le paiement immédiat des arriérés du personnel, la restitution des documents retenus ainsi que l’ouverture d’enquêtes administratives et judiciaires sur les présumés détournements.
À travers cette sortie musclée, le personnel de l’ISTM/Kisangani veut désormais briser le silence et pousser les autorités à intervenir avant que la crise ne plonge davantage l’institution dans l’instabilité.
La Rédaction
