Selon le médecin titulaire adjoint de cette structure sanitaire, les assaillants ont tenté de pénétrer dans l'établissement alors que 17 patients y étaient internés sous la surveillance d'un infirmier de garde. Face à la menace, ce dernier a rapidement mis les malades en sécurité dans une salle située à l'arrière du bâtiment avant de verrouiller les accès.
Les terroristes ont alors ouvert le feu et tenté de forcer l'entrée du centre de santé. C'est à ce moment qu'un soldat des FARDC est intervenu pour barrer la route aux assaillants. Seul face au danger, il a engagé un échange de tirs afin d'empêcher les rebelles d'atteindre les patients et le personnel médical.
Mortellement touché au cours des affrontements, le militaire a néanmoins réussi à retarder l'avancée des assaillants jusqu'à l'arrivée des renforts. Des traces de sang observées sur l'itinéraire emprunté par les assaillants lors de leur fuite laissent penser que certains d'entre eux auraient été blessés durant l'échange de tirs.
Grâce à ce sacrifice ultime, les 17 patients ainsi que l'infirmier de garde, soit 18 personnes au total, ont été sauvés d'une mort probable.
« N'eût été l'intervention des FARDC, le bilan serait encore plus lourd. Les terroristes voulaient entrer dans le centre de santé. Les malades étaient enfermés à l'intérieur et n'avaient aucun moyen de se défendre ou de fuir. Ce soldat a donné sa vie pour sauver celles des autres », a témoigné le médecin titulaire adjoint.
Alors que la population de Beni continue de pleurer les victimes de cette nouvelle attaque attribuée aux ADF, le sacrifice de ce militaire demeure un symbole de courage, de devoir et de dévouement au service de la protection des civils. Tombé les armes à la main, il a offert sa vie pour en sauver dix-huit autres.
Néhémie Paluku

