La mission d'évaluation et de renforcement de la riposte contre Ebola conduite récemment à Bafwasende par le ministre provincial de la Santé de la Tshopo, Simon Bokongo, avec l'appui du ministère de l'Intérieur et de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a mis en évidence de profondes résistances communautaires qui compliquent les efforts de lutte contre l'épidémie.
Au cours de son compte rendu, Simon Bokongo a expliqué que les équipes ont découvert une population largement influencée par la désinformation. Selon lui, plusieurs habitants attribuent faussement la propagation d'Ebola aux véhicules des partenaires humanitaires ou encore aux dispositifs de lavage des mains installés dans les villages.
Le ministre a rapporté que certains équipements sanitaires avaient même été détruits par des habitants persuadés que les solutions chlorées utilisées pour la désinfection étaient à l'origine de la maladie.
La délégation gouvernementale a également fait face à des actes d'hostilité dès son arrivée à Bafwasende. Des manifestants ont encerclé l'hôtel où séjournaient les membres de la mission et lancé des pierres contre le bâtiment avant d'être dispersés grâce à l'intervention des forces de défense et de sécurité.
Pour rétablir la confiance, plusieurs séances de sensibilisation ont été organisées avec les responsables de la jeunesse, les représentants de la société civile, les leaders religieux et les autorités locales. Ces échanges ont permis de réduire les tensions et de convaincre les communautés de collaborer avec les équipes sanitaires.
À Avakubi, situé à une douzaine de kilomètres de Nyanya en Ituri, la mission a constaté l'absence totale de dispositifs de contrôle sanitaire malgré l'intensité des mouvements de population entre les deux provinces. Les voyageurs franchissaient quotidiennement la frontière sans contrôle de température ni lavage obligatoire des mains.
Face à ces insuffisances, les autorités ont décidé de renforcer les postes frontaliers, d'installer des équipements de prévention, de créer un centre d'isolement et de renforcer la surveillance sanitaire dans cette zone considérée comme stratégique pour limiter la propagation de la maladie.
Simon Bokongo a insisté sur le fait que les échanges permanents entre Nyanya, Avakubi, Bafwasende et Kisangani constituent un facteur important de risque, particulièrement en raison des nombreux axes routiers et pistes forestières empruntés quotidiennement par les populations.
Le ministre a confirmé que la Tshopo compte désormais un premier cas autochtone d'Ebola, en plus des cas importés, une évolution qui, selon lui, impose un renforcement immédiat de la communication communautaire, de la surveillance épidémiologique et de l'application des mesures décidées par les autorités provinciales.
Il a enfin appelé la population à respecter les mesures de prévention, notamment les restrictions relatives au transport des dépouilles mortelles et aux rassemblements, afin de freiner la progression de l'épidémie dans la province.
Trésor Makaya

