La lutte contre Ebola dans la Tshopo est confrontée à un double défi : contenir la maladie sur le terrain tout en empêchant son introduction dans les grands centres urbains, particulièrement à Kisangani.
Les autorités sanitaires provinciales reconnaissent plusieurs vulnérabilités dans le dispositif actuel et appellent à une mobilisation plus importante.
Lors de la réunion du Comité provincial de coordination tenue vendredi 14 août, le ministre provincial de la Santé, Dr Simon Bokongo, n’a pas caché son inquiétude face à l’évolution de la situation épidémiologique.
Pour lui, la répétition des épidémies d’Ebola en RDC aurait dû permettre à la population et aux acteurs de la riposte de développer des réflexes plus rapides. Mais sur le terrain, le déni de la maladie et certaines résistances communautaires continuent de compliquer le travail des équipes.
Une épidémie qui met le système à l’épreuve
La Tshopo se retrouve aujourd’hui confrontée à plusieurs difficultés simultanées. La surveillance épidémiologique doit être renforcée dans les zones frontalières avec l’Ituri et le Haut-Uélé, alors que les mouvements de personnes sur la RN4 constituent une source supplémentaire de préoccupation.
Les autorités sanitaires redoutent particulièrement que l’insuffisance des contrôles et des mesures de décontamination sur cet axe ne permette au virus de se rapprocher davantage de Kisangani.
« Aujourd'hui, l'épidémie continue sa phase ascendante», a averti le ministre provincial, estimant que chaque acteur de la riposte doit réévaluer ses interventions.
La situation est d’autant plus délicate que la DPS rapporte des anomalies dans les résultats des analyses de laboratoire. Un nombre jugé anormalement élevé de prélèvements sont déclarés invalides. Une mission d’appui technique de l’INRB est ainsi sollicitée pour tenter de comprendre et de corriger cette situation.
Des capacités d’accueil qui pourraient rapidement être dépassées
La question des infrastructures constitue également une urgence. Le Centre de traitement Ebola soutenu par MSF n’est pas encore opérationnel. Les travaux de terrassement se poursuivent, alors que l’évolution de l’épidémie fait peser un risque de saturation sur les capacités existantes.
La DPS veut donc investir dans des infrastructures permanentes capables de continuer à servir après la fin de l’épidémie. Une stratégie qui vise à éviter les dépenses limitées aux installations provisoires.
Parallèlement, le nombre d’évaluateurs chargés de vérifier la continuité des services de santé devrait passer de trois à neuf. Trois équipes doivent être constituées pour accélérer le travail dans les formations sanitaires prioritaires.
Bafo Assembly au cœur du dispositif
Bafo Assembly figure également parmi les sites concernés par le renforcement de la riposte. L’OMS y prévoit une mission consacrée aux points d’entrée et aux points de contrôle ainsi qu’à la prévention et au contrôle des infections.
De son côté, International Medical Corps doit appuyer la construction d’un Centre de traitement Ebola dans cette zone.
L’objectif est clair : multiplier les capacités de prise en charge tout en renforçant les barrières sanitaires avant que la pression épidémique ne devienne incontrôlable.
Mais au-delà des moyens médicaux et logistiques, les autorités sanitaires devront également gagner la bataille de la confiance. Car sans adhésion des communautés, même les dispositifs les plus solides risquent de rester insuffisants face à une maladie dont la progression dépend aussi de la rapidité avec laquelle les cas sont détectés, isolés et pris en charge.
Bijoux Gumete

