À trois jours de la mobilisation annoncée pour le 15 septembre contre tout projet de changement ou de révision de la Constitution, la Coalition Article 64 (C64) a intensifié sa mobilisation à Kisangani, chef-lieu de province de la Tshopo.
Ce samedi, plusieurs centaines de militants et sympathisants de cette plateforme de l’opposition se sont retrouvés à son quartier général, où une séance de mobilisation a été organisée en prélude à la marche annoncée pour mardi prochain.
La mobilisation a été conduite notamment par Soleil Mosindo, notable de la province de la Tshopo et haut cadre du parti Ensemble pour la République, formation politique de Moïse Katumbi. Devant les participants, le message était centré sur la nécessité, selon la C64, de défendre la Constitution en vigueur et de s’opposer à toute initiative susceptible d’en modifier les dispositions.
Cette activité locale s’inscrit dans le cadre de la mobilisation nationale annoncée par la C64 pour le 15 septembre. La coalition affirme vouloir faire de cette journée une occasion de défendre l’ordre constitutionnel et d’interpeller les élus sur leurs responsabilités envers la population.
Les préoccupations sociales au cœur des échanges
Au-delà de la question constitutionnelle, les échanges ont également porté sur plusieurs difficultés auxquelles, selon les participants, la population congolaise et celle de la Tshopo sont confrontées.
À Kisangani, les militants ont notamment évoqué les difficultés d’accès à l’électricité et à l’eau potable, le chômage et le manque d’opportunités pour les jeunes, l’état des infrastructures routières, ainsi que les difficultés économiques qui affectent le quotidien de nombreuses familles.
La situation sanitaire, particulièrement dans le contexte de l’épidémie d’Ebola signalée dans la région, a également été évoquée comme une préoccupation majeure. À l’échelle nationale, la C64 met régulièrement en avant, parmi les urgences qu’elle estime prioritaires, l’insécurité dans l’Est, le chômage, la corruption, les détournements présumés de deniers publics et les difficultés sociales.
Dans la province de la Tshopo, les participants ont également dénoncé ce qu’ils considèrent comme un décalage entre les attentes de la population et les réponses apportées par les pouvoirs publics, appelant les responsables politiques à davantage se concentrer sur les problèmes concrets vécus par les citoyens.
Non au changement constitutionnel
Pour la C64, la priorité ne devrait donc pas être, dans le contexte actuel, une modification de la Loi fondamentale, mais plutôt la recherche de réponses aux problèmes sécuritaires, économiques et sociaux qui touchent le pays.
La coalition a déjà annoncé son intention de maintenir sa mobilisation du 15 septembre, journée qui coïncide avec la rentrée parlementaire de septembre. À Kinshasa, elle prévoit un rassemblement devant le Palais du peuple avant la remise d’un mémorandum aux autorités.
À Kisangani comme dans d’autres villes du pays, la mobilisation de ses militants devrait ainsi servir de relais au mot d’ordre national de la C64 : dire non à tout changement de la Constitution et réclamer que les urgences sociales, économiques, sécuritaires et sanitaires soient placées au premier plan.
La C64 présente cette démarche comme une mobilisation citoyenne et pacifique destinée à défendre l’ordre constitutionnel et l’État de droit.
Trésor Makaya

