À Mangobo, la riposte contre la maladie à virus Ebola (MVE) veut franchir un nouveau cap. Le bourgmestre de la commune, Constant Bolamba, et le médecin chef de la zone de santé, Dr Etienne Bolonge, ont réuni vendredi les responsables des structures sanitaires privées pour les sensibiliser à renforcer leur implication dans la lutte contre l’épidémie.
Au cœur de cette rencontre : la sensibilisation du personnel, le respect des mesures barrières, la notification rapide des alertes et l’adhésion à la vaccination. Les responsables présents ont été appelés à ne pas rester en marge de la riposte, mais à devenir des acteurs actifs de la prévention et de la détection des cas.
« Nous avons constaté un désintérêt de certains responsables des structures sanitaires privées vis-à-vis des séances de sensibilisation sur la maladie à virus Ebola. C’est ce constat qui nous a amenés à les réunir afin de les encourager à notifier rapidement les alertes et à faire vacciner l’ensemble du personnel de santé qui y travaille », a expliqué Constant Bolamba.
Le bourgmestre a également fait savoir que les responsables des structures sanitaires privées ont pris l’engagement de renforcer la sensibilisation auprès de leurs agents et d’adhérer à la vaccination.
« Ils se sont engagés à accentuer la sensibilisation auprès de leur personnel et à se faire vacciner, ainsi qu’à faire vacciner tous leurs agents, afin de protéger le personnel et de notifier rapidement les alertes pour contribuer à barrer la route à cette épidémie qui continue de progresser dans notre communauté », a-t-il déclaré.
Des structures privées au cœur de la détection
Pour le Dr Etienne Bolonge, l’implication des structures privées est particulièrement importante dans la riposte, compte tenu de leur nombre et du fait que plusieurs cas positifs y ont été identifiés.
« La plupart des cas positifs ont été enregistrés dans les structures privées. Pourtant, depuis le début de cette épidémie, nous n’avons pas vraiment senti une appropriation de la riposte par leurs prestataires. La commune Mangobo compte seulement trois institutions sanitaires publiques contre plus de 60 structures privées, dont certaines intégrées », a-t-il souligné.
Le médecin chef a également relevé des difficultés rencontrées par les équipes de la zone de santé lors des investigations dans certaines structures privées, notamment pour accéder aux informations nécessaires concernant les cas suspects et les alertes.
Il a ainsi insisté sur la nécessité de renforcer les connaissances des prestataires sur la MVE, particulièrement ses modes de transmission, les signes cliniques, les mesures barrières et la prise en charge des cas.
Cette mobilisation intervient alors que la commune Mangobo fait partie des zones de santé de Kisangani concernées par la riposte contre Ebola. Pour les autorités sanitaires et administratives locales, l’implication effective des structures privées constitue un maillon important pour améliorer la détection précoce des cas, protéger le personnel soignant et limiter la propagation de la maladie dans la communauté.

