RDC : un chercheur appelle à faire du dialogue permanent un outil de régulation de la vie politique

RDC : un chercheur appelle à faire du dialogue permanent un outil de régulation de la vie politique

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La communication politique en République démocratique du Congo reste marquée par des discours susceptibles d’alimenter la division, la haine et la manipulation de l’opinion publique. C’est l’un des constats au cœur d’une recherche consacrée à la « pathologie de la communication politique dans l’espace public congolais à l’épreuve de Jürgen Habermas  diagnostic, critique et philothérapie ».

Selon le chercheur, le choix de ce sujet est parti de l’observation des discours tenus par différents acteurs politiques, qu’ils appartiennent à la majorité au pouvoir ou à l’opposition. 

Il estime que certains propos politiques contribuent à détériorer le débat public et peuvent, dans certaines circonstances, favoriser la violence lors des meetings et des périodes de propagande électorale.

« Les grands problèmes des hommes politiques en Afrique restent, en grande partie, d’ordre langagier », a-t-il expliqué, soulignant les risques liés à la manipulation et à l’intoxication de la population à travers le discours politique.

Le dialogue comme réponse aux crises politiques

Au terme de ses recherches, l’auteur préconise de faire du dialogue un mécanisme permanent de résolution des différends au sein de la société congolaise.

Il s’appuie notamment sur les principes de communication développés par le philosophe allemand Jürgen Habermas, fondés sur la vérité, la sincérité, la justesse et l’intelligibilité. 

Pour lui, ces principes doivent être prolongés par une approche inspirée de la palabre, conçue comme un espace permettant aux différentes parties de se parler et de rechercher des solutions aux désaccords.

L’objectif, explique-t-il, est que cette réflexion puisse dépasser le cadre académique et servir également de référence aux acteurs politiques dans leur manière de communiquer avec la population et leurs adversaires.

Un message à l’opposition

S’adressant aux forces de l’opposition, le chercheur rappelle que leur rôle ne se limite pas à contester les actions du pouvoir.

Selon lui, l’opposition doit exercer son rôle de contrôle et de contrepoids tout en se préparant à accéder au pouvoir par les mécanismes prévus par la démocratie, notamment les élections.

Il invite ainsi les opposants à privilégier le travail politique, l’élaboration des alternatives et la présentation de projets susceptibles de convaincre les électeurs, plutôt que de réduire leur action à l’organisation des manifestations ou aux initiatives visant la déstabilisation du pouvoir.

La majorité appelée à préserver l’espace public

À la majorité au pouvoir, il demande de ne pas considérer les opposants comme des ennemis, mais comme des acteurs participant au fonctionnement de la démocratie.

Il relève notamment les inégalités d'accès aux médias et ce qu'il décrit comme un  rétrécissement de l’espace public , estimant que les différents courants politiques devraient bénéficier d’un accès équitable à la parole publique.

« Aujourd’hui, on est de la majorité. Demain, on peut être de l’opposition. Aujourd’hui, on est de l’opposition. Demain aussi, on peut être de la majorité », a-t-il fait remarquer.

Pour lui, cette alternance potentielle impose aux acteurs politiques de favoriser la coexistence, l’équité et l’égalité des chances.

La réflexion défendue dans cette recherche place ainsi le dialogue au centre de la régulation de la vie politique, avec l’idée que les divergences entre acteurs ne devraient pas nécessairement conduire à la confrontation, mais pouvoir être traitées par la discussion et la recherche collective de solutions.

Trésor Makaya
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