Le collectif la « voix de la raison » sollicite un audit par l'Inspection Générale des Finances (IGF) au comité dirigeant actuel de la Société Textile de Kisangani (SOTEXKI) avant la relance de cette société, dans une déclaration écrite parvenue vendredi à la rédaction de Congo1.org.
Ce qui semble être une démarche qui vise à instaurer une transparence dans la gestion et à identifier les failles potentielles ayant conduit à la détérioration de l'entreprise.
La « voix de la raison » craint que sans un suivi et un contrôle par l'IGF, la relance de la sotexki risque de constituer un endroit d'enrichissement de la classe dirigeante.
Il se joint à la Population de la Tshopo en particulier et celle de la RDC en général, pour attirer l'attention de leurs Excellences ministres des finances, de l'industrie et du porte-feuille sur cette situation préoccupante concernant la SOTEXKI.
Sur instruction du Chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, le Conseil des Ministres a, rappelle t-il, en date du vendredi 09 septembre 2022, approuvé le Plan de relance de la SOTEXKI, lui permettant ainsi d'espérer un apport en capital de l'ordre de 17.500.000$, dont 7.669.462$ déjà décaissé (soit du 17 juillet au 1er septembre 2023).
Cet apport constitue non seulement un début de relance effective des activités de la Société, mais aussi un moment fort qui consacre le changement des règles de sa gouvernance.
Désormais, grâce à cette décision du Gouvernement, l'état congolais devient, et ce pour la première fois dans l'histoire de la Société, l'actionnaire majoritaire de la SOTEXKI, lui donnant ainsi le droit de modifier les équilibres au sein de son staff dirigeant, entre autres, le droit de nommer un Directeur Général, véritable locomotive du train de relance des activités de la Société.
" Cela permettra ainsi aux ouvriers de cette Société de se mettre au travail et à la Province de la Tshopo de relever le défi de la résorption du chômage et de lutte contre la criminalité dans la Ville de Kisangani. Il serait soutable de parachever toutes les mesures qui ont été prises en Conseil des Ministres ", indique le collectif la « voix de la raison ».
Par le passé, cette entreprise de production avait bénéficié d'un financement provenant du Fonds de Promotion de l'industrie (FPI), accordé avec l'autorisation du Gouvernement.
Malheureusement, ce financement n'a pas donné des résultats escomptés, et le FPI a même dû récupérer certaines propriétés de la SOTEXKI en raison de l'inefficacité de l'utilisation des fonds ( l'actuel DG connaît bien l'histoire en tant que acteur principal).
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce collectif craint que cette situation ne se reproduise si des mesures de contrôle et de suivi rigoureuses ne sont pas mises en place.
La voix de la raison note qu'il est impératif d'apprendre des expériences passées afin d'éviter de nouveaux échecs et de garantir que les ressources allouées soient utilisées de manière optimale pour le développement de l'usine.
" Nous vous prions de bien vouloir considérer cette préoccupation et de soutenir et de soutenir l'instauration d'un cadre de suivi efficace pour le financement actuel afin d'assurer la réussite du projet et de protéger les intérêts de toutes les parties prenantes.
La création d'une équipe de contrôle dirigée par l'IGF s'avère primordial ", convie t-il à leurs excellences ministres des finances, de porte-feuille et de l'industrie.
Cette équipe aura pour mission de suivre l'exécution des fonds alloués et de s'assurer que les objectifs fixés sont atteints, une initiative qui vise à éviter le piège d'un financement sans suivi adéquat, garantissant ainsi une utilisation optimale des ressources et le succès du Projet.
Historique de l'évolution de la sotexki
Avant que le gouvernement congolais ne devienne l'actionnaire majoritaire de la sotexki, voici les étapes de l'évolution de cette société installée à Kisangani, chef-lieu de province de la Tshopo, dans le nord-est de la République Démocratique du Congo.
Depuis son inauguration, le 27 novembre 1974, par le Maréchal MOBUTU SESE SEKO, la SOTEXKI, est devenue l'une des unités économiques les plus importantes de la Province Orientale qui contribuent à son développement socio-économique, à la résorption du chômage et à l'amélioration des conditions de vie de sa population.
Bénéficiaire de l'exonération à l'importation de ses intrants pendant 30 ans, cette Société a connu plusieurs mutations qui n'ont, malheureusement, pas contribué à son essor, entre autres : (a) la vente de la Société par son actionnaire majoritaire, Monsieur LELIO PICCIOTO, juif de nationalité italienne, (b) la vente, puis la revente de la Société à d'autres actionnaires, de 2012 à 2022.
Depuis, la Société est tombée presque dans une faillite déguisée, réduisant considérablement son activité, plombant désespérément le renouvellement de son outil de production et contraignant dangereusement plusieurs membres de son personnel au chômage.
Il a fallu attendre l'avènement du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour qu'un nouveau souffle soit donné à cette Société.
Dido LIBOGA

