À Kisangani, l’initiative citoyenne « Sauti ya Lubunga » monte au créneau pour dénoncer l’absence des organisations de la société civile locale dans le processus d’enregistrement des victimes des conflits dans la commune de Lubunga, mené par le Fonds National de Réparation des Victimes de Violences Sexuelles et des Victimes des Crimes Contre l’Humanité (FONAREV).
Lors d’une déclaration à la presse, le responsable de cette structure, Prince héritier Isomela, a exprimé une vive préoccupation face à ce qu’il qualifie d’exclusion injustifiée.
Selon lui, cette mise à l’écart des acteurs locaux compromet la transparence, l’efficacité et la légitimité du processus. Il insiste sur le fait que les organisations locales disposent d’une connaissance fine du terrain, d’une compréhension des dynamiques communautaires et d’un réseau de confiance avec les populations affectées, des atouts essentiels dans une démarche aussi sensible.
Pour Sauti ya Lubunga, la participation de la société civile locale devrait être une priorité dans toutes les phases du processus, de la planification des enquêtes à la validation des listes de victimes. Cette inclusion, selon l’organisation, garantirait une meilleure appropriation du processus par les communautés concernées et permettrait une identification plus équitable des bénéficiaires de réparations.
Face à cette situation, l’initiative citoyenne appelle le FONAREV à revoir son approche et à ouvrir un cadre de collaboration transparente avec les structures locales.
« Nous sommes prêts à collaborer et à mettre notre expertise au service de la justice et de la réparation pour les victimes de notre commune », a déclaré Prince héritier Isomela.
Cette prise de position met en lumière l’importance cruciale de l’ancrage local dans les processus de justice transitionnelle. Elle interpelle les institutions nationales sur leur responsabilité de construire des démarches inclusives pour assurer la justice, la paix et la réconciliation durables au sein des communautés touchées.
Bienfait Basila

