Décidée par l’administration territoriale, cette mesure concerne notamment les ponts Ituri 2 et Puwa, situés sur l’axe stratégique reliant Mambasa à Beni. Elle s’inscrit dans une logique de précaution face à l’état de dégradation avancée de ces infrastructures.
Mais sur le terrain, la décision peine à rassurer. Bien au contraire, elle alimente les inquiétudes des populations et des opérateurs économiques, qui redoutent ses conséquences immédiates sur les activités commerciales.
Coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) à Mambasa, Jospin Paluku Mbowa déplore un manque de communication et d’anticipation. Selon lui, aucune précision n’a été donnée sur la durée de la suspension ni sur les limites de tonnage concernées, plongeant les usagers dans une incertitude totale.
Il pointe également l’absence de mesures d’accompagnement, notamment des alternatives pour maintenir la fluidité des échanges dans cette zone à forte activité économique.
Or, l’axe Mambasa–Beni constitue un corridor vital reliant les villes de Beni et Butembo, au Nord-Kivu, à Kisangani, dans la Tshopo. Une perturbation prolongée de cet itinéraire risque donc d’impacter fortement l’économie régionale.
Face à cette situation, la société civile appelle à une réaction urgente des autorités. Jospin Paluku Mbowa plaide pour la construction de nouveaux ponts plus résistants ou, à défaut, la réhabilitation rapide des infrastructures existantes afin d’assurer à la fois la sécurité des usagers et la continuité des échanges.
Entre impératif sécuritaire et enjeux économiques, la suspension du trafic sur cet axe stratégique place les autorités face à une équation délicate : agir vite pour éviter un isolement progressif de Mambasa Territory et préserver le dynamisme économique de toute la région.
Néhémie Paluku

