Cette attaque s’inscrit dans une spirale meurtrière qui, en l’espace de 48 heures, a coûté la vie à une dizaine de personnes, dont trois militaires congolais. Les civils figurent également parmi les victimes : un motocycliste transportant des ananas a été abattu sur l’axe Katoto–Blukwa, et un déplacé a trouvé la mort la veille dans des circonstances similaires à Saliboko.
Face à cette recrudescence, les FARDC et les Casques bleus ont renforcé leurs patrouilles, notamment sur l’axe Bule–Roe, qualifié de « tronçon de la mort » par l’administrateur du territoire. Mais malgré ce dispositif, une attaque a frappé le même jour le village de Lidda, près de Bule, faisant cinq morts – dont trois militaires et deux femmes – ainsi que quatre blessés graves. Les assaillants ont également emporté des armes appartenant aux forces loyalistes.
Dans la nuit, une patrouille des Casques bleus bangladais basés à Drodro a secouru une dizaine de civils, dont un blessé par balles transféré à l’hôpital local. Des fouilles conjointes FARDC–MONUSCO ont permis de retrouver quatre autres rescapés, ainsi que le corps d’un soldat tombé lors des affrontements.
La population, éprouvée mais reconnaissante, a salué l’action de la mission onusienne.
« Je félicite la MONUSCO qui a secouru les victimes et sauvé de nombreuses vies. Je les encourage à toujours être prompts à intervenir », a déclaré M. Pilo, chef de la chefferie des Bahema Nord.
En visite en Ituri, Vivian Van de Perre, cheffe adjointe de la MONUSCO chargée des Opérations et de la Protection, a réaffirmé l’engagement de la Mission.
« La MONUSCO est chargée d’appuyer le gouvernement dans la lutte contre les groupes armés et dans la protection des civils. Nous avons mis en place des systèmes d’alerte précoce, nous travaillons ensemble, nous partageons les informations et nous soutenons les opérations. »
En fin de journée, la situation restait préoccupante à Djugu. Si la présence accrue des FARDC et des Casques bleus vise à rassurer les populations, la menace persistante de la Codeco continue de peser lourdement sur les villages de la région.
Néhémie Paluku
