Kisangani, 28 octobre 2025 — Les autorités locales, leaders communautaires et représentants religieux de la zone de santé de Makiso-Kisangani se sont réunis mardi pour une session de vulgarisation du Protocole de Maputo, axée sur la santé sexuelle et reproductive. Objectif : renforcer les connaissances et encourager des pratiques qui sauvent la vie des femmes et des jeunes filles.
Dans une salle comble, Mme Albertine Likoke, coordonnatrice de l’asbl Groupe de Réflexion et d’Actions pour la Promotion des Droits de la Femme et de la Fille (GRAPFF), a souligné l’importance de cet engagement collectif :
« Nous avons réuni 50 participants issus d’associations féminines, de structures de jeunes, d’autorités locales et de confessions religieuses, pour vulgariser le protocole et la note circulaire qui soutient sa mise en œuvre », a-t-elle expliqué.
Le Protocole de Maputo, adopté par l’Union africaine, consacre les droits des femmes à la santé, notamment en matière de planification familiale, d’accès à l’information et de réduction de la mortalité maternelle. La RDC, signataire de ce texte, œuvre encore à sa mise en application dans plusieurs provinces.
Prenant la parole, Dr Thérèse-Marie Mokaria, coordonnatrice provinciale du Programme national de santé de la reproduction (PNSR), a tiré la sonnette d’alarme :
« Dans la Tshopo, nous enregistrons 412 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, dont 13 % liés à des avortements clandestins. Il est urgent de promouvoir la planification familiale et la prévention. »
Les discussions ont également porté sur la sensibilisation communautaire : encourager les femmes à consulter dès les premiers mois de grossesse, à suivre un encadrement médical régulier et à s’informer sur les méthodes contraceptives adaptées.
Organisée par le GRAPFF en partenariat avec le PNSR, avec l’appui de MSI RD Congo et du programme britannique UKAID, cette initiative s’étendra sur sept zones de santé de la Tshopo, réunissant 50 participants par site.
En clôturant la session, Mme Likoke a insisté sur la responsabilité collective :
« La connaissance sauve des vies. Que chaque participant devienne un relais de sensibilisation dans sa communauté. Ensemble, nous pouvons réduire les décès maternels dans la Tshopo. »
La Rédaction

