Ituri : la mission de suivi du Projet STAREST révèle avancées, retards et urgences sociales

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Une mission de suivi des activités financées par la Banque mondiale à travers le Projet STAREST a été menée dans plusieurs localités du territoire d’Irumu, en Ituri. Cette descente a permis d’évaluer l’état des infrastructures scolaires et sanitaires en construction dans différentes chefferies, notamment chez les Bahema d’Irumu, les Andisoma et les Walendu-Bindi.

Les équipes ont visité l’EP Rwampara, l’Institut de Sota, l’EP Lawa, l’EP Kirenge, ainsi que les centres de santé de Songolo et de Kabona. Les observations faites sur place montrent des avancées significatives dans certaines zones où les populations attendaient depuis longtemps des infrastructures essentielles. 

Dans le groupement Chini ya Kilima, par exemple, l’intervention du projet à Sezabo suscite un véritable espoir : les familles qui envoyaient leurs enfants étudier à Nyakunde entrevoient enfin une solution éducative locale.

Cependant, toutes les localités ne connaissent pas le même niveau de progression. À l’Institut de Sota, trois salles de classe fonctionnent encore sous une bâche vieillissante et dangereusement affaissée — une situation jugée alarmante par la mission, qui appelle une action urgente.

La mission a également relevé plusieurs retards dans l’exécution des travaux, alors que les délais contractuels sont déjà échus. Selon les constatations, ces lenteurs seraient liées à un manque de suivi de certains Comités Locaux de Développement (CLD), sous la responsabilité des chefs de groupement, impactant parfois la qualité des ouvrages en cours d’achèvement.

Malgré ces défis, les membres de la mission saluent l’implication personnelle du Gouverneur militaire, le Lt-Général Johnny Luboya N’Kashama, président du Comité de pilotage du STAREST, ainsi que le travail méthodique de la coordination provinciale dirigée par M. Steve Sengida, reconnue pour son suivi technique rigoureux.

Le Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri plaide toutefois pour un rééquilibrage territorial dans les interventions du projet. À Songolo, l’absence persistante d’eau potable demeure un problème majeur : une intervention du gouvernement provincial y serait perçue comme un geste fort d’inclusion.

Deogratias Bungamuzi Kukwabo, président du Conseil provincial de la jeunesse, a insisté sur l’importance d’une approche centrée sur les besoins réels des communautés :

« Le développement ne se mesure pas à la médiatisation des projets, mais à leur impact concret sur la vie des populations. Les programmes doivent d’abord écouter les communautés avant d’intervenir. »


Cette mission rappelle que le développement de l’Ituri exige des actions qui dépassent les centres urbains, pour toucher les localités rurales où les besoins restent les plus urgents.

Vicko Meschack
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