Kinshasa, 5 novembre 2025 – Le Vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Shabani Lukoo Bihango Jacquemain, a réuni ce mercredi à Kinshasa les membres des bureaux des Assemblées provinciales, ainsi que les Gouverneurs et Vice-Gouverneurs de province, autour d’une question cruciale : la stabilité des institutions provinciales.
Un message fort s’est dégagé de cette rencontre : le non-respect des principes démocratiques et institutionnels fragilise la gouvernance locale. Le VPM n’a pas mâché ses mots, dénonçant les pétitions et motions initiées dans certaines provinces en violation flagrante du droit de réponse et du principe du contradictoire.
« Force est de constater que les engagements pris par les uns et les autres pour un fonctionnement harmonieux des institutions provinciales, gage de leur stabilité, n'ont pas été respectés (...). Nous assistons à un enchaînement des pétitions visant les membres des bureaux ou encore des motions contre les Gouverneurs, ce, dans certains cas, en violation du principe de droit de réponse de la personne incriminée, pourtant consacré par les Règlements d’Ordre Intérieur des Assemblées Provinciales », a-t-il déclaré devant les responsables provinciaux.
Poursuivant son propos, le VPM a insisté sur la volonté du Gouvernement central d’imposer la stabilité institutionnelle, dans un contexte national marqué par la guerre d’agression à l’Est du pays.
« La Haute Autorité nous a instruits de vous communiquer sa volonté et sa détermination à stabiliser les institutions provinciales en cette période où notre pays est confronté à la guerre d’agression qui nous est imposée », a-t-il souligné.
Une mise en garde déjà annoncée dans la lettre du 30 octobre
Cette position ferme n’est pas nouvelle. Dans sa correspondance du 30 octobre 2025 adressée à l’Assemblée provinciale de la Tshopo, Shabani Lukoo avait déjà fustigé les irrégularités entourant la plénière de déchéance du Gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga.
« Vous avez tenu la plénière sans le moindre respect des principes fondamentaux du contradictoire, du droit de réponse, de la transparence, encore moins de la loyauté institutionnelle », écrivait-il, rappelant l’esprit de l’Acte d’engagement de septembre 2025 sur la stabilisation des institutions provinciales.
En filigrane, le cas de la Tshopo apparaît comme une illustration concrète du problème national pointé du doigt par le ministre de l’Intérieur. Sa cohérence entre le discours du 5 novembre et la lettre du 30 octobre montre une volonté d’assainir la pratique institutionnelle et de ramener l’ordre dans la gestion provinciale.
La suite des événements, dans la Tshopo comme ailleurs, s’annonce donc sous le sceau de la rigueur et de la responsabilité.
Zickry Lubenga

