Bandundu, 28 mars 2026.— La province de la Tshopo a dressé un tableau contrasté de son potentiel et de ses défis, à la clôture de la 13ᵉ conférence des gouverneurs, tenue à Bandundu, chef-lieu du Kwilu, où son gouverneur, Paulin Lendongolia, a plaidé pour un accompagnement accru du gouvernement central afin de transformer durablement son agriculture et connecter la production aux marchés urbains.
Une province aux immenses potentialités
Dans son allocution devant le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le gouverneur Lendongolia a présenté la Tshopo comme la plus vaste province du pays, riche en ressources agricoles, forestières et minières, mais dont le potentiel reste encore largement sous-exploité.
« La Tshopo est une promesse pour tout le Congo », a-t-il résumé, évoquant ses millions d’habitants répartis dans une vaste étendue administrative dominée par la ville de Kisangani.
Des défis sécuritaires et politiques persistants
Le chef de l’exécutif provincial a pointé plusieurs contraintes majeures freinant l’essor de la province, notamment l’instabilité politique marquée par une succession rapide de gouverneurs depuis 2015.
Sur le plan sécuritaire, il a évoqué la menace persistante des rebelles ADF dans le territoire de Bafwasende, la présence de déplacés liés aux conflits communautaires ainsi que des tensions liées à des attaques contre des infrastructures stratégiques et civiles, l'aéroport international de Bangoka par les rebelles du M23-AFC soutenus par le Rwanda.
Des infrastructures en état critique
Le gouverneur Lendongolia a également déploré la dégradation avancée des routes nationales, notamment la RN4 (Kisangani–Buta) et la RN7 (Kisangani–Walikale), ainsi que le mauvais état de certaines infrastructures clés.
Il a cité entre autres la vétusté de l’aéroport militaire de Simi-Simi, le vieillissement des installations de l’Université de Kisangani et le faible taux d’exécution du programme de développement local des 145 territoires.
Un social fragilisé et un financement insuffisant
Sur le plan social, l’autorité provinciale a dénoncé l’accès limité à l’électricité, à l’eau potable et aux soins de santé de qualité, en lien notamment avec la dégradation des installations énergétiques existantes.
Au niveau économique, il a fustigé l’absence d’industries de transformation, les difficultés d’accès au financement ainsi que les dysfonctionnements dans les mécanismes de financement des provinces, dont la rétrocession et la caisse de péréquation.
Des efforts engagés dans l’agriculture
Malgré ces contraintes, la province a initié plusieurs actions, particulièrement dans le secteur agricole, thème central de la conférence.
Le gouverneur a évoqué les actions palpables menées à travers la vision « Tshopo-Mosala » avec la création de pépinières de café et cacao distribuées aux agriculteurs, ainsi qu’un partenariat avec une firme agro-industrielle internationale pour développer un projet pilote dans le territoire de Banalia.
Il a également mis en avant la promotion de la foresterie communautaire, avec plusieurs arrêtés déjà signés en faveur des communautés locales.
Un appel à l’appui du Chef de l’État
Tout en saluant les efforts du Président de la République pour la paix, la sécurité et les infrastructures, le chef de l'exécutif provincial a exprimé la reconnaissance de la population tshopolaise.
Cependant, il a sollicité un appui concret pour la relance de la société textile de Kisangani (Sotexki), la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de la Tshopo 1 et la construction du stade Lumumba 2.
Il a également proposé l’instauration d’échanges mensuels entre le Chef de l’État et les gouverneurs, afin de renforcer la cohésion nationale et améliorer la gouvernance provinciale.
Une province en quête d’un nouvel élan
En conclusion, la Tshopo, malgré ses nombreuses richesses, reste confrontée à des défis structurels majeurs. À travers cette intervention, le gouverneur Muzalendo de la Tshopo a voulu positionner la province comme un pilier potentiel du développement national, à condition d’un accompagnement renforcé du gouvernement central pour transformer ses atouts en véritable moteur de croissance.
Dido LIBOGA

