Kisangani : l’IITA forme jeunes et agriculteurs pour moderniser durablement la chaîne de valeur du manioc

Kisangani : l’IITA forme jeunes et agriculteurs pour moderniser durablement la chaîne de valeur du manioc

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L’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) a organisé, du 27 avril au 2 mai 2026, une vaste formation à Kisangani destinée aux jeunes entrepreneurs agricoles et producteurs de manioc de la province de la Tshopo. Axée sur la gestion coopérative, l’entrepreneuriat et la gestion d’entreprise, cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet de développement de la chaîne de valeur du manioc.

Organisée dans la salle de réunion de l’Hôtel Jolie Rêve, la formation a réuni plusieurs acteurs du secteur agricole autour d’un objectif commun : améliorer la productivité et rendre la filière manioc plus rentable. Venu du Nigeria, l’expert de l’IITA, M. Osun, a expliqué que de nombreux agriculteurs travaillent énormément sans obtenir des résultats satisfaisants. 

Pour y remédier, plusieurs stratégies innovantes leur ont été présentées afin de produire davantage avec moins d’efforts.
Au cœur des échanges, le travail en coopérative a occupé une place centrale. Les formateurs ont insisté sur la nécessité pour les producteurs de se regrouper afin de mutualiser leurs ressources, partager leurs compétences et mieux résister aux difficultés économiques et logistiques qui freinent souvent leurs activités.

La formation a également permis d’explorer les différentes étapes de la chaîne de valeur du manioc, depuis la production au champ jusqu’à la transformation en produits dérivés tels que le fufu, la chikwangue ou encore le masélé. Les aspects liés à la logistique et au marketing ont aussi été abordés, avec un accent particulier sur les difficultés d’évacuation des produits agricoles dans la région.

Face à l’état préoccupant des routes à Kisangani, les experts ont proposé des solutions adaptées, notamment l’utilisation de tricycles pour transporter les équipements de transformation directement vers les champs. Certaines opérations, comme le broyage et le séchage, pourraient ainsi être effectuées sur place afin de réduire les coûts et les contraintes de transport.

Les participants ont également été initiés aux techniques d’identification des marchés afin d’écouler plus rapidement leurs produits. Une approche qui a particulièrement marqué Pitchou Kampala, l’un des bénéficiaires de la formation. « Cette formation m’a permis de comprendre l’importance du travail en coopérative et la rentabilité du manioc à travers les différentes étapes de sa chaîne de valeur », a-t-il témoigné.

Après la phase théorique, les experts de l’IITA, accompagnés du professeur Adebowale, ont effectué plusieurs descentes sur le terrain. À Batiabuka, au PK12, ils ont lancé le concept de « mobile processing » tout en présentant des machines fabriquées localement à Kisangani devant des paysans, jeunes entrepreneurs et leaders communautaires.
Les activités se sont poursuivies sur la route de Bangoka, où des techniciens de l’ONG OCEAN, des membres du CLD et des producteurs de manioc ont bénéficié d’une formation pratique.

La mission s’est clôturée par la visite du futur site d’implantation d’une usine industrielle de transformation du manioc dans le cadre du projet Bien-Être, une infrastructure appelée à jouer un rôle majeur dans la valorisation de cette culture stratégique dans la Tshopo.

À travers cette initiative, l’IITA entend faire du manioc non seulement une culture de subsistance, mais aussi un véritable moteur de développement économique pour les jeunes et les communautés rurales de Kisangani.

Judith Basubi

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