RDC : veuve et orphelins d'un personnel de santé tué à Isangi réclament justice après les fausses rumeurs d'atrophie de sexe

RDC : veuve et orphelins d'un personnel de santé tué à Isangi réclament justice après les fausses rumeurs d'atrophie de sexe

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Kisangani, 07 mai 2026 — « J'ai perdu mon mari, mes enfants ont perdu leurs pères, mais jusqu’aujourd’hui personne ne pense à nous. » Le cri de détresse de la famille d'un des agents de santé tué en octobre dernier dans le territoire d’Isangi résonne encore plusieurs mois après le drame. La veuve du médecin John Tangakeya ainsi que ses orphelins dénoncent un silence total des autorités et l’absence de toute assistance malgré la gravité des faits.

Contactée par la rédaction de Congo1cd.cd⁠�, la famille affirme qu’aucune prise en charge concrète ni accompagnement officiel n’a été apporté depuis la mort brutale de leur époux et père. 

Vivant désormais dans des conditions difficiles, elle appelle les autorités nationales, provinciales, les élus ainsi que la société civile à s’intéresser à leur situation qui, selon elle, « va de mal en pire ».

Ce drame humain s’inscrit dans une crise plus large révélée par une enquête publiée par Reuters sur les conséquences meurtrières de la désinformation sanitaire dans la province de la Tshopo.

Selon cette enquête, une fausse rumeur apparue fin 2025 dans plusieurs villages du nord-est de la République démocratique du Congo affirmait qu’une mystérieuse maladie provoquait l’atrophie des organes génitaux masculins. 

Amplifiée sur les réseaux sociaux, dans certaines églises et par des plateformes locales, cette rumeur a rapidement provoqué une psychose collective.

Reuters rapporte que plusieurs vidéos devenues virales montraient de prétendus malades affirmant avoir été guéris par la prière dans des églises de Kisangani. 

Parmi les figures citées figure Jules Mulindwa, un pasteur pentecôtiste déjà accusé dans le passé de fausses affirmations autour de guérisons miraculeuses. D’autres responsables religieux et médias locaux auraient également relayé ces contenus.

La situation a basculé dans l’horreur le 6 octobre 2025 dans le territoire d’Isangi. Des équipes médicales venues mener des enquêtes sur la vaccination ont été accusées par des habitants de propager cette prétendue maladie. 

Pris à partie par des foules en colère, les médecins Placide Mbungi et John Tangakeya ont été lynchés puis brûlés vifs dans le village d’Ilambi. Dans le village voisin de Yafira, deux autres agents de santé, Mathieu Mosisi et Kevin Ilunga, ont également perdu la vie.

Malgré l’émotion suscitée par ces violences, les proches des victimes estiment aujourd’hui avoir été abandonnés. Entre douleur, précarité et absence de justice, les familles continuent d’attendre des réponses et des actes concrets.

Au-delà des enquêtes et des statistiques, cette tragédie rappelle les ravages que peuvent provoquer les fausses informations lorsqu’elles rencontrent la peur, la méfiance et l’absence de sensibilisation. Derrière cette crise demeurent des familles brisées, des enfants devenus orphelins et une justice qui se fait toujours attendre.

La Rédaction

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