Devant une foule d’agriculteurs, le coordinateur Fidèle Andera a interpellé les responsables religieux, estimant que l’Église doit servir d’espace de formation civique.
« Si les pasteurs n’envoient pas leurs fidèles participer à la sensibilisation, le message restera vain », a-t-il déclaré, invitant les paroisses à encadrer les jeunes et à les préparer à servir la nation. Selon lui, encourager les jeunes à rejoindre l’armée n’est pas une rupture avec la foi, mais un acte de responsabilité citoyenne.
AgriPeace a rappelé que la relève militaire est désormais une nécessité.
« Les militaires sont vieux et peu nombreux. Ils doivent être remplacés par des jeunes congolais », a martelé Andera, appelant les parents à soutenir leurs enfants dans cet engagement. Pour lui, une armée nationale forte est indispensable pour protéger les récoltes, les familles et l’État.
Dans son intervention, le chef de projet Wapi Jiwe Langu kwa Usalama a mis en garde contre le risque de dépendance au cacao, en soulignant la nécessité de réserver une partie des terres à la production vivrière.
« Si nous cultivons seulement le cacao pour acheter la nourriture à l’extérieur, tout ce que nous gagnons sera échangé contre un plat de riz », a-t-il prévenu, dénonçant les stratégies internationales qui poussent les Africains à produire ce qu’ils ne consomment pas.
Le coordinateur a également insisté sur l’importance du « mariage civilo-militaire », définissant le peuple — à travers les églises et les cultivateurs — comme un acteur essentiel de la sécurité. Chaque pasteur, chaque agriculteur, selon lui, doit dénoncer les complicités avec les ADF et encourager les jeunes à intégrer la FARDC, la PNC et l’ANR afin de bâtir une paix durable.
Réfutant les discours qui présentent le cacao comme une malédiction comparable aux minerais, les organisateurs ont affirmé que cette culture est au contraire une bénédiction si elle est bien gérée.
« Le vrai malheur du Congo n’est pas le cacao ni les minerais, mais le manque de courage à bâtir une armée forte et protectrice », a souligné Fidèle Andera.
En conclusion, Ubuntu Panafrika et AgriPeace ont réaffirmé leur volonté d’associer agriculteurs et responsables religieux aux efforts des FARDC pour neutraliser les ADF et restaurer une paix durable en Ituri.
Néhémie Paluku

