Kisangani, 10 mars 2026.– Des organisations de la société civile de la province de la Tshopo, au nord-est de la République démocratique du Congo, ont dénoncé mardi les actions attribuées au président de l’Assemblée provinciale, Mateus Kanga Londimo, qu’elles accusent d’alimenter une crise institutionnelle persistante dans la province.
Dans une déclaration rendue publique à Kisangani, ces organisations ont appelé le Président de la République, Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo, à intervenir afin de préserver le fonctionnement normal des institutions provinciales.
« Nous dénonçons les actions du président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo qui, selon nous, sont à l’origine d’une crise institutionnelle persistante dans la province », a déclaré Trésor Sileki, membre de la société civile et porte-parole de circonstance.
Les signataires de la déclaration ont indiqué que ces tensions politiques surviennent dans un contexte sécuritaire jugé préoccupant pour le pays, marqué notamment par les menaces extérieures et les conflits dans l’est de la RDC.
Selon eux, la cohésion des institutions reste essentielle pour soutenir les efforts du pays dans la défense de son intégrité territoriale face aux groupes armés, notamment l’Alliance Fleuve Congo et le Mouvement du 23 mars (M23).
Par ailleurs, ces organisations ont dénoncé plusieurs initiatives qu’elles qualifient de « conflictuelles et conflictogènes », notamment la tentative d’invalidation de plus de onze députés provinciaux, les attaques contre le gouverneur de province ainsi que l’instrumentalisation présumée de certains groupes de jeunes et mouvements citoyens pour exercer des pressions politiques.
Elles ont également évoqué le refus de réintégration à l’Assemblée provinciale de trois députés provinciaux ayant quitté le gouvernement provincial après leur démission, estimant que cette décision serait contraire aux dispositions du règlement intérieur de l’organe délibérant.
Face à cette situation, ces organisations de la société civile ont invité le Chef de l’État à envisager les mécanismes constitutionnels prévus en cas de crise institutionnelle persistante, notamment la possibilité de dissolution d’une Assemblée provinciale conformément aux dispositions de l’article 197 de la Constitution.
Elles ont, enfin, réaffirmé leur loyauté au Président de la République tout en saluant ses efforts pour la stabilité et le développement de la province de la Tshopo.

